Tout dire

leejungho-7-57cd88ac810a5__880.jpg

J’ai eu envie de titrer: ” Le livre, une religion française.” Mais puisque j’ignore ce que je vais écrire, je me contente du titre.

M’est avis qu’un livre vaut par ce qu’il y a dedans. Sur la plupart des blogs, chacun fait sa petite pub, pour un livre, un film

un peintre, un photographe, en imitant plus ou moins bien le style de Télérama. C’est chiant.

Au départ les blogs, c’était de la communication, c’est devenu un ensemble de slogans publicitaires. C’est vraiment chiant.

Je ne lis jamais ces blogs où s’étale les superlatifs à la gloire de je ne sais quel besogneux qui nous jette à la tête son œuvre,

ce qui fait que je n’y lis plus grand chose. L’auteur du blog n’existe pas. pas plus que l’acteur qui énumère des clichés dans une pub pour n’importe quoi. Dis toi, toi !

Je m’en fous de tes “coups de cœur” et autres enthousiasmes précaires. Je veux savoir ton cœur et ton âme.

Disons nous tout. Tout entiers. Tu n’es pas ce que tu aimes. Ce que tu aimes est la partie d’un tout, et c’est ce tout qui m’intéresse.

Moi, je suis surdoué et traité pour la dépression à vie. Ça me donne un regard singulier sur l’existence et ce matin en me levant, quand le gros ronron de la machine qui jacasse sous mon crâne s’est enclenchée devant mon café, j’ai réalisé que je suis probablement fou. D’une de ces folies qui te laissent un petit champ d’action sociale, à minima, à l’écart, inintégré.

Je suis surdoué, dépressif et fou. Mon regard sur le monde est extrêmement critique.

Sur la folie des hommes je ne veux pas m’étendre, ça me met en colère.

Les gens vivent hors de la nature, ce qui les dénature. Ils vivent dans un univers artificiel et malodorant pour avoir prétendu pouvoir s’émanciper de la nature. Peut-être. Mais ils ne se sont pas émancipés de LEUR nature. C’eut été trop simple. Leur psychisme les harcèle car ils ne sont pas dans le cadre de leur être. Terrible impression de vivre en apesanteur et intubé à la machine, laquelle est capricieuse dans son fonctionnement.

Quelqu’un a dit du cerveau des surdoués que c’est un moteur à réaction monté sur une brouette. Personnellement, ma brouette est une épave. C’est comme si je n’avais pas réussi à naître vraiment. Je ne parviens à m’impliquer dans rien.

Je vis en clandestinité attendant l’heureuse mort avec une attitude de retrait et de distance qui m’a toujours empêché de trouver un emploâ.

Je ne sais pas ce que je ferai plus tard. A soixante ans ou presque c’est inquiétant.

Je n’ai rien à foutre ici, dans cette pétaudière mal famée. On me médicame bien sûr pour essayer d’amollir une relation au monde fondée sur le dépit et la méfiance, mais ça me permet de justifier un repli social de fort bon aloi. Qu’est-ce que j’irai foutre dans cette fuckin’ galère ?

En plus, je suis un mystique. Je prie. J’ai une foi de fou en Christ. de tout ce que j’ai entendu dans ce monde, les évangiles me semblent être la  chose la plus sensée et raisonnable que j’ai entendu. La seule histoire qui me paraisse logique.

Aujourd’hui j’apprends qu’une observation remet en cause les théories fondées sur l’action la matière noir. J’en déduis qu’on n’en sait pas plus et à force de voir les théories se succéder, on finit pas se lasser.

On en revient aux bases: le sexe, l’alcool, l’instant présent.

Dans mon esprit se trouve Cassandre et Ezéchiel. Deux personnes qui doutent, non de leurs augures, mais de ceux auxquels ils s’adressent.

Une petite image en guise de récréation ?

pixilart-drawing-pixel-art-tor-browser.jpg

Pourquoi celle -ci ? Quand j’étais encore ado, je faisais des séjours réguliers en hôpitaux psy. Suivis de maisons de repos. Suivis de solitudes dans ma chambre, suivies d’hôpitaux…Cycle qui comme tout cycle (clin d’œil aux bouddhistes) est infernal.

Dans mes moments de répit, je dessinais comme ce que vous voyez ci-dessus. (Je l’ai fait sur https://www.pixilart.net/draw). Je remplissais des cases avec les couleurs de l’arc en ciel, comme vous le voyez. la condescendance des gens leur faisait me poser la question: ” Quand tu fais ça, tu te sens mieux ? ” En effet, je peux ce faisant t’oublier…

pixilart-drawing-pixel-art-tor-browser_2.jpg

Ça m’évitait leurs propos débiles. J’ai inventé trois choses. La chromothérapie, la musicothérapie et le walk-man.

La musicothérapie est arrivée dans ma vie ainsi: https://www.youtube.com/watch?v=9nan0n8H2Jw

La chromothérapie comme ce que je vous ai montré. Et le walkman ainsi:

Je séchais tous mes cours. J’allais au bar. Puis j’allais errer dans les terres froides le long du Rhône. Mais si j’avais de la bouteille dans ma besace (une vraie besace en jean !) je n’avais pas de musique. Alors j’ai pris mon poste à cassette et j’ai demandé à l’électricien à coté de chez moi de mon faire une prise (à l’époque une prise qui ressemble à une prise midi) dans mon poste à cassettes. Il l’a fait. Je branchais mon gros casque et j’écoutais de la musique près du Rhône embrumé.

Je ne suis même pas sûr que “Sony” existait à l’époque.

J’écoutais ça: https://www.youtube.com/watch?v=BYywEVzyVLI&list=PL8FF07225A2D08744

Et ça:https://www.youtube.com/watch?v=GoU2lQl9luk&list=PLvyLZirFE1iDFyIVRbHbFRPrjXnlMTft2

(C’est la véritable édition !)

Je trainais alors mon spleen dangereux le long des rives du rhône. Plus tard j’y fumais des joints énormes. En fait, je ne savais pas rouler les joints. Je roulais une cigarette et j’y mettais tout le shit, la plupart du temps de l’huile et je fumais d’un coup, au point que ça me coulait sur les doigts et que je les léchais savamment. Huile pure pressée deux jours avant au Maroc, une pâte noire qui aurait assommé un bœuf. J’ai toujours adoré le haschich, mais converti au christianisme en ‘85, depuis je m’abstiens. C’est dur, on s’est trouvé lui et moi. Je ne parle pas ici de la récréative marijuana, mais bien du haschich. Celui d’Henri Michaux, celui qu’on mange, celui qu’il traite de démon.

Je me souviens que je ressentais physiquement le tournoiement de la terre. Et le plus fort de l’affaire, c’est que dans les abîmes de déréliction où je me trouvais, le haschich me permettait d’aimer la vie !

La première fois que j’en ai fumé c’était à un festival folk. Pour la première fois depuis des années le lendemain, je me suis senti bien, bien au point de sourire. Mon père me transportait en voiture et je jouais avec le chien, il a lancé: ” Ça fait des années que je ne t’avais pas entendu rire !”

Ah, cher haschich, seul Dieu pouvait me faire renoncer à toi. Il y allait d’un malaise existentiel tel que de toute façon, rien ne m’aurait arrêté. Pas même la peine de mort.

Je suis allé à un concert du groupe progressif Yes. Dans la salle un garçon vendait de l’herbe. J’en ai acheté pour dix sacs (100 francs), il me l’a fait gouter. Ce concert de Yes fut une initiation. Soudain le monde des troubadours cosmiques s’ouvrit à moi. J’en garde un souvenir d’amour et de lumière. https://www.youtube.com/watch?v=5WrT8K_7rLA

Puis sont arrivés les punks. Je me suis donc tourné vers le jazz. Avec justesse quelqu’un a dit que les années quatre vingt avaient juste réussi à détruire les années soixante. La cocaïne des traders arrivait, la beauté était finie, on avait des drogues de performance faite pour CE monde, que je haïssais. La rupture a été totale.

J’avais, sous ordonnance, pris des ludes: https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thaqualone

Du diazepam : https://fr.wikipedia.org/wiki/Diaz%C3%A9pam

Du mogadon, du mandrax, du valium, du temesta, de l’anafranyl, du piportil… J’en ai recensé une centaine, mais à coté du vrai haschich, ce ne sont que des colorants. Et je ne parle pas de ma consommation d’alcool, légendaire en ces temps là.

Mon rêve de vérité, de bonté et d’amour a été comblé en une nuit par le Christ.

On se dit tout ?

Aujourd’hui encore quarante ans plus tard je suis encore sous traitement.

Il y a sept ans, j’ai été détecté surdoué: vous voyez combien ça peut être grave, dangereux, la norme ?

Allez une image pour détendre l’atmosphère (E-mage)

enjoy-the-funny-side-of-having-heavy-thoughts__880.jpg

La dépression est  stigmatisée. La société a peur. Elle n’arrive pas à se représenter le cerveau comme un organe qui comme tous les autres peut avoir des pannes. Elle tend à croire que le dépressif le fait exprès. Et pourquoi pas les sourds ?

Les années soixante étaient un mouvement, les années quatre vingt une mode. Ces dernières ont été pilotées par le commerce. Tous les gogos arriérés qui les fêtent baisent la main de leur bourreau.

Quoi qu’il en soit ne m’impressionne que celui qui cherche la vérité. Les autres sont des bousiers qui roulent la merde de leurs prédécesseurs.

la dernière chose qui fait rêver l’humanité, c’est un emploi. Être utile dans cette poubelle.

Maintenant, il faut en appeler à cette part d’humanité qui renâcle devant la tâche. Entretenir ce lupanar où des incapables se gobergent pendant que les bons à rien se gavent. La dignité de l’homme ! La dignité de son appel spirituel devrait le pousser à une authentique rébellion. Refuser d’être compté, comptabilisé, cerné, observé, scruté, mis à nu, sondé, évalué, analysé, chronométré, télémétrisé (par windows) espionné, surveillé, digitalisé…

Un homme ne vaut plus que par son cri: allez au diable, firmes, consortiums, empires et trusts !


Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 60 articles | blog Gratuit | Abus?